Jacques Verrières

Biographie

C'est à quatre ans, en 1928 qu'il débute, en chantant aux côtés de sa mère, dans une troupe amateur. Un des violonistes du petit orchestre symphonique de la dite troupe lui enseigne le violon et il se met aussi à chanter, puisant dans un répertoire d'une dizaines de titres les chansons qu'il égrène le long des rues de Verrières-le-Buisson, les jours où il ne se rend pas à l'école communale.

Un jour, son instituteur, un certain Monsieur Paul, lui demande de faire chanter les élèves de sa classe. Il s'exécute et perçoit ainsi son premier cachet, il n'a que 13 ans. Parmi tous ses jeunes camarades, un deviendra célèbre, il se nomme… Robert Hossein, et ils ne manquent pas d'évoquer cette époque à chaque fois qu'ils se voient.


Dès 1943, à 19 ans, il s'intéresse à l'art dramatique et rapidement son aventure dans Paris commence. Il y rencontre Simone Signoret, avec qui il se lie d'amitié. Il est vite engagé dans un groupe, les Choeurs parlés, de Jean-Pierre Desty, et il se produit au Théâtre de l'ABC, avec en vedette André Claveau. Il enchaîne ensuite avec le Cirque Médrano aux côtés de deux grands clowns : Pipo et Rhum. Suit une figuration dans la pièce de Gabriel Arout La peur des miracles au Théâtre du Vieux Colombier. Quelques mois plus tard, début 1944, André Barsacq l'engage pour jouer un petit valet dans À quoi rêvent les jeunes filles ? d'Alfred de Musset avec Robert Dhéry. Suit le rôle de Polynice dans Antigone mis en scène par Michel Vitold. L'année suivante, il revient au Théâtre des Noctambules dans la pièce de Boris Vian L'équarrissage pour tous avec la compagnie André Reybaz. Il joue ensuite au Théâtre des Mathurins le rôle de Ricardo dans Montserrat d'Emmanuel Roblès, aux côtés de Jean Servais et Jean Marchat pour 200 représentations.

Il part ensuite avec les tournées Georges Herbert pour interpréter Garcin dans Huis clos de Jean-Paul Sartre. Il fait ses débuts au cinéma à cette époque, dans un film intitulé Drame au Vel d'Hiv', avec Raymond Bussières. Pendant les deux années qui suivent, il tourne dans trois films : La part de l'ombre de Jean Delannoy avec Jean-Louis Barrault, La cage aux filles et Rayé des vivants de Maurice Cloche.

C'est dans ce dernier film qu'il chante pour la première fois, ce qui lui vaudra plus tard d'agréables surprises…


Simone Signoret l'invite à déjeuner chez elle avec son mari Yves Allégret. Ce dernier lui propose un très beau rôle dans le film qu'il va tourner, Les démons de l'aube. Le projet n'aboutira pas pour Jacques Verrières qui devait encore cinq jours de tournage à la production du film Rayé des vivants. Il est obligé de déchirer le contrat signé avec Yves Allégret.


En 1948, il part sur la route avec les tournées Pierre Valde et joue le rôle de Cléante dans Le malade imaginaire avec Georges Vitaly. S'enchaînent alors plusieurs créations, d'abord au Théâtre de Poche, La pomme rouge de Georges Auber avec Lolleh Bellon, mise en scène de Pierre Valde, Des hommes de Jean Canolle, David et Bethsabée de Marcel Olivier, mise en scène de Paul Olettly (il a le premier rôle), Aert de Romain Rolland, mise en scène d'André Cellier. Puis au Théâtre du Vieux Colombier L'obstacle d'Yves Brainville, au Théâtre Verlaine La tragédie optimiste, au Théâtre de l'Atelier Henri IV de Pirandello mise en scène de Jean Vilar. Grâce à la chanson du film Rayé des vivants, il monte un petit tour de chant, avec des chansons de Francis Lemarque et André Pasdoc le fait débuter dans son cabaret L'Échanson.


En 1952, il remporte à sa grande surprise le Prix d'interprétation au Grand Prix de la Chanson Française à Deauville. Contacté par Pierre Brasseur, qui écrit des chansons, il se rend chez lui et rencontre une jeune femme, Lina Magrini, qui compose sur les textes du comédien. Deux jours plus tard, Pierre Brasseur le fait signer chez Pathé Marconi, sous la direction de Pierre Hiégel avec Michel Legrand à la direction d'orchestre. Un rêve. Grâce à Jean-Marc Thibault, il débute ensuite à L'Amiral dans la revue de Jean Richard. Peu de temps après, Maurice Poggi l'engage dans une comédie musicale de Charles Dumont “Gueule d'ange” au Théâtre de l'Etoile aux côtés de Ginette Leclerc.

Comme Jacques Verrières est de plus en plus pris par la chanson, il abandonne le théâtre pour un temps. Il écrit alors sa première chanson “Premiers pas” avec le compositeur Marc Heyral et adhère à la Sacem après avoir réussi son examen d'entrée. La chance lui sourit et ses premiers interprètes sont Yves Montand et Patachou. Il passe dans de nombreux cabarets tel que Chez Gilles, L'Échelle de Jacob, La Tête de l'Art, Chez Moineau, La Villa d'Este, L'Échanson, La Grinotière…


En 1953, à la mort de Django Reinhardt, il écrit une chanson intitulée Mon pote le gitan, et là, d'emblée, il a comme interprètes Yves Montand, Barbara, Mouloudji, et une dizaine d'enregistrements la même année.

Il enchaîne en écrivant des chansons pour Jean Carmet, Annie Cordy, Catherine Valente, Line Renaud, Jacqueline François, Félix Marten et entame une longue tournée qui le mène de l'Europe au Moyen-Orient et en Afrique.


En 1954, un soir où il se produit au Caveau de la Huchette, il est appelé au téléphone par Édith Piaf en personne qui l'invite chez elle et son mari Jacques Pills. Elle le fait engager dans son spectacle à Bobino et il passe, grâce à elle, quatre fois à l'Olympia en trois ans. Cinq ans durant, il est accompagné par Joseph Reinhardt, le frère de Django, et il forme même un groupe de rock Glenn Jack et les Glenners avec le fils de Django, Babick Reinhardt. Il n'arrête pas de chanter, tout en espérant un jour revenir au théâtre. Son voeu se réalise bientôt, avec une tournée en compagnie de Fernand Ledoux dans Le père de mademoiselle de Roger Ferdinand, puis un rôle dans la série télévisée Les évasions célèbres (latude) avec Michel Duchaussoy. Il écrit ensuite la musique d'un spectacle intitulé Ronsard, témoin de son temps, joué au château d'Amboise, engagé par Michel Debré. Un autre spectacle Brassens-Brel né en 1988 marche aussi très bien, il est joué trois mois au Théâtre de Dix Heures puis à la Comédie Caumartin. Jacques Verrières tourne ensuite deux court métrages à l'Institut international de l'image et du son sous la direction de Martine Bureau et Jean-Georges Fontenelle.


En 1993, il rend hommage à Édith Piaf et Django Reinhardt à travers une chanson Le temps d'Édith et de Django, et il participe à une compilation sur le grand guitariste manouche intitulée Les enfants de Django. La même année, au printemps, il reçoit le Grand Prix de la Sacem, avec une chanson Qui sonne chez monsieur Rutenfeld. Le président du jury est Pierre Delanoë. En 1995, il s'investit dans un nouveau spectacle Coulisses, avec Nathalie Guéraud au Théâtre de l'Ile Saint- Louis, suivi d'une série de représentations à Rennes et dans sa périphérie.


A la fin 1999, il présente un spectacle La vie continue à Confluences, une petite salle, boulevard de Charonne à Paris. Enfin, depuis 2000, il chante à nouveau, seul, dans les bistrots parisiens, dans la rue, avec un plaisir non dissimulé. À noter que cette même année, son fils Frédéric Verrières a eu le premier Prix de la Meilleure Création Contemporaine à la Sacem.


Depuis février 2003, un trio est né Poivres et Sels. Il s'agit d'une collaboration détonante entre Jacques Verrières, un artiste qui fêtera en 2008 ses 80 ans de métier, et deux jeunes qui ont moins de 50 ans à eux deux. Maryvette Lair est chanteuse, comédienne et trapéziste chez Fratellini, Simon Strauss, guitariste, est presque né dans les coulisses de l'Opéra Bastille où sa mère, est premier violoncelle. Malgré la différence d'âge, le courant passe, et la formation se produit à Paris, en banlieue, dans les bistrots, les petits restos, en province : Nice, Sète, Grenoble… Leur souhait de monter un spectacle et d'enregistrer un premier CD est bien la preuve que la passion n'a pas d'âge.

Les autres bio : Simon Strauss - Maryvette Lair